11.01.2012
Krasnodar
A l’époque, quelque part en 2001, je travaillais pour un ponte du pétrole russe, Monsieur B.
Pour une raison dont je ne me souviens plus, il m’avait appelé à Moscou et ensuite envoyé par jet privé jusqu’à Krasnodar dans le Caucase. Le jet appartenait à une filiale de Lukoil. Il y avait deux compartiments dans l’avion : un à l’avant pour les hôtes tout près de la cabine de pilotage et un second à l’arrière pour les gardes-du-corps et autres accompagnants. Le mobilier à bord était un peu désuet. En revanche, deux choses retenaient l’attention : l’hôtesse et la nourriture. L’hôtesse était une belle blonde, très grande et plantureuse, extrêmement attentive au bien-être des passagers. La nourriture quant à elle se résumait, si l’on veut, à du caviar noir, du saumon de la Baltique, des blinis et de la vodka. Inutile de dire que je m’en suis mis plein la lampe ! Pendant que j’avalais vodka et caviar, on entendait les pilotes parler en russe, car la porte de la cabine de pilotage était ouverte pendant tout le vol, histoire sans doute d’impressionner les hôtes par le professionnalisme desdits pilotes…
Arrivés sur je ne sais quel aéroport, des voitures blindées nous ont amenés à Krasnodar, ceci en passant à quelques kilomètres de la Tchétchénie. Nous étions arrêtés par des policiers à peu près tous les cinq kilomètres, mais l’épreuve était assez fantasque. Sans doute, les policiers étaient-ils impressionnés par la colonne de voitures. Sans doute aussi y avait-il des pourboires qui traînaient par ci par là.
A Krasnodar, je débarque dans un hôtel Intourist. On me demande mon passeport pour y apposer le fameux propousk. Je m’exécute pendant qu’une foule de gens, surgis de nulle part, peut-être de l’avion, s’occupent de moi. Rien à faire. Se laisser faire. On m’emmène au 8ème étage dans une suite, assez vieillotte mais confortable, composée d’une chambre à coucher, d’un salon et d’une salle de bains.
Après, les choses s’embrouillent légèrement. Il faut dire qu’il y avait beaucoup de vodka à disposition. On m’a emmené voir le marché local peuplé de femmes vendant des produits locaux, des raisins, des noix, des épices. On m’a fait voir aussi un kolkhoze avec des tracteurs neufs qui venaient manifestement d’arriver et que l’on n’utilisait pas encore ( ?) ainsi qu’un silo centenaire dont les responsables étaient tout fiers du fonctionnement.
En fin de journée, et c’est là que je veux en venir, j’arrive à nouveau à l’hôtel Intourist. Je bois encore de la vodka et je mange encore des blinis au caviar. Pendant ce temps, je vois débarquer une bande de femmes, pas toutes très belles, qui rigolent et qui prennent l’ascenseur. Saoul et fatigué, je décide de rejoindre ma chambre. Surprise ! De la cabine de l’ascenseur surgit une rabatteuse, une jeune femme très fardée, qui me propose un rendez-vous avec une des femmes croisées tout à l’heure. Je refuse prétextant de la fatigue. Elle insiste en disant qu’un massage m’aiderait à dormir. Je refuse à nouveau et vais me coucher.
Quel imbécile j’ai été de ne pas accepter. J’aurais gardé un meilleur souvenir de Krasnodar. Aujourd’hui, après deux agressions mystérieuses, une à Moscou et une autre en Belgique, je m’ennuie à mourir dans une Suisse prospère, mais sans peps.
Dans cet hôtel Intourist de Krasnodar, il y avait … un bordel situé au 7ème étage. 7ème étage comme 7ème ciel… Quel con j’ai été !
Voilà donc pour Krasnodar…
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